Une exposition itinérante pour informer sur la radioactivité
Mars 2025
Constituée de plus de 80 panneaux répartis en 11 séries, l’exposition pédagogique « Radioactivité : découvrir et comprendre » se déplace à travers la France dans des structures publiques et privées. Plusieurs d’entre elles témoignent sur les raisons de l’emprunt de ce matériel pédagogique et sur les bénéfices qu’elles en ont tirés.

1. Pourquoi emprunter ces panneaux d’exposition ?

Les motivations sont multiples mais convergent vers un besoin de sensibilisation et d’éducation autour des enjeux liés à la radioactivité et au nucléaire. Pour Florence Deletang, cadre de santé au Centre d’enseignement des soins d’urgence (Cesu) du centre hospitalier de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), la demande de prêt auprès de l’IRSN – devenu aujourd’hui l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) – s’inscrit dans une démarche d’acculturation. « Dans le milieu hospitalier, où les technologies nucléaires et radiologiques jouent un rôle crucial – notamment en médecine nucléaire –, il est important pour le personnel de renforcer ses connaissances », explique-t-elle. En Ille-et-Vilaine, le Syndicat mixte du pays de Brocéliande (SMPB) emprunte cette exposition à l’occasion d’une campagne de sensibilisation sur le radon, un gaz radioactif naturellement présent dans certaines habitations.
Des établissements scolaires, comme le collège Henri-Matisse à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var) et le lycée Teilhard-de-Chardin à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), font de même pour informer leurs élèves sur les enjeux autour du risque, de l’énergie et des applications, notamment en médecine. Au lycée Aimé-Césaire à Clisson (Loire-Atlantique), l’enseignante de physique-chimie emprunte l’exposition pour ses élèves en sciences et technologies de la santé et du social (ST2S). « Les soixante-dix terminales se sont approprié les contenus pour les présenter à l’oral à d’autres classes, témoigne Fabienne Aubertin. Ils ont pu consulter en amont les fichiers pdf des panneaux avant leur mise en place dans l’établissement, ce qui est très appréciable pour préparer un tel projet. » Quant aux étudiants du master 2 Risques environnementaux et sûreté nucléaire (Resnuc) de l’université de Nîmes, dans le Gard, ils réalisent l’emprunt pour la 10e édition de leur forum annuel. L’objectif est d’informer des visiteurs variés : étudiants, professionnels du nucléaire…
2. Dans quels espaces sont-ils exposés ?

Cela dépend des besoins et des publics ciblés. L’exposition est modulaire et peut s’emprunter série par série, voire panneau par panneau, permettant à chaque structure de l’adapter à son espace. « Nous avons placé les panneaux pendant deux semaines dans le hall d’entrée de l’hôpital, un espace de passage ouvert à tous, en accès libre. Cela a attiré l’attention de nombreux étudiants infirmiers et élèves aides-soignants », indique Florence Deletang. Au pays de Brocéliande, elle est présentée lors du forum « l’Effet Papillon » en août 2024, lors du comice agricole de La Nouaye. Chez Eurofins Nucléaire, société spécialisée dans la mesure des objets radioactifs, les panneaux sont installés toute l’année dans la salle de pause de l’entreprise. « Nous avons fait un roulement : chaque mois, nous installions de nouveaux panneaux pour couvrir les 11 thèmes de l’exposition », explique Kylian Legast, chargé de communication et marketing. Au lycée Aimé-Césaire, ils sont exposés durant trois semaines devant le centre d’information et de documentation, un espace où circulent les 1 000 élèves de l’établissement.
3. Quel est l’objectif ?

« Le but est de sensibiliser les habitants à l’importance de la qualité de l’air intérieur, notamment en les informant sur les risques liés au radon et sur les bonnes pratiques à adopter », témoigne Céline Amouret, chargée de mission santé au SMPB. Au centre hospitalier de Digne-les-Bains, l’objectif principal est de permettre aux agents d’explorer le sujet du nucléaire et de la radioactivité sous un angle nouveau. « La présence de notre ingénieur en radioprotection sur de nombreuses plages horaires a permis de créer un espace d’échange et de réflexion », ajoute Florence Deletang. Tandis que l’entreprise Eurofins Nucléaire veut surtout offrir à ses techniciens et à l’ensemble de ses collaborateurs une meilleure compréhension des enjeux globaux liés à la radioactivité, au-delà de leur spécialité purement technique.
4. Comment est-elle perçue par les visiteurs ?

Découverte, approfondissement des connaissances, sensibilisation aux risques… les différents publics ont tous trouvé midi à leur porte. Céline Amouret souligne l’engouement suscité par l’exposition : « Nous avons échangé avec 40 à 50 personnes environ, explique-t-elle. Trois agents du Syndicat mixte se sont relayés toute la journée pour répondre aux questions des personnes de tous les âges, curieuses, parfois connaisseuses de certains sujets. » Chez Eurofins Nucléaire, elle a été très appréciée en interne comme par les clients. « Les questions environnementales et le contrôle sanitaire en particulier ont piqué la curiosité », précise Kylian Legast.
Au lycée Aimé-Césaire, l’enseignante note l’intérêt des élèves pour le thème de la radioactivité dans l’environnement : la proximité d’anciennes mines d’uranium suscite de nombreuses questions. Pour Océane Lepage, étudiante en master et l’une des organisatrices du forum à l’université de Nîmes, les thèmes des panneaux étant autonomes, cela permet aux visiteurs de se focaliser uniquement sur ceux qui les intéressent. Et les contenus présentent l’avantage d’être accessibles à des novices comme à des spécialistes.
5. Quels sont les bénéfices pour les structures accueillantes ?

Finalement, pour Eurofins Nucléaire, ces panneaux pédagogiques donnent aux techniciens la possibilité d’aller au-delà de leur travail quotidien en leur fournissant des informations plus larges sur le nucléaire. Pour Céline Amouret, ils sont un outil de médiation. « Grâce à la série “Le radon dans nos maisons”, nous avions un support approprié pour rassurer les habitants », se réjouit-elle. « Cette exposition a été bénéfique à la fois pour notre institution et pour le public », résume de son côté Florence Deletang. « Elle a animé notre hall un peu morose durant quinze jours et renforcé la mission éducative et de formation du Cesu en offrant un contenu de qualité, diversifié et accessible à tous. Cela favorise l’ouverture d’esprit et l’enrichissement culturel. »